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Lundi , mai
2010

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Archives de la catégorie ‘Interview’

PROFESSION TRADUCTRICE : interview de Lorène LENOIR – Traductrice de la série Mercy Thompson

Auteur : Sofy le 10 mai 2010 3 Commentaires

lorene lenoirA l’occasion de la sortie du tome 4 de Mercy Thompson – La Croix d’Ossements de Patricia BRIGGS (Milady), zonelivre vous propose de découvrir sa traductrice française LORENE LENOIR. Découvrez son métier, son parcours et comment elle « réalise chaque épisode»  de votre série culte :

1) Lorène LENOIR, comment pourriez-vous définir votre métier de traductrice ?

On dit souvent que la traduction est une trahison. Mon but est de trahir le moins possible le texte original, tout en le rendant compréhensible par un public francophone. Cela nécessite donc parfois des adaptations un peu hasardeuses, afin de transmettre la notion véhiculée par une expression, et de s’écarter donc de la traduction pure et simple.

C’est parfois un choix difficile, car notre civilisation étant très influencée par la culture anglo-saxonne, une partie du public serait tout à fait à même de comprendre que par exemple, quand un personnage travaille à Walmart, c’est qu’il a des conditions de travail difficiles, qu’il est mal payé, ce genre de choses. Mais mon rôle est de faire en sorte que ceux pour qui une telle allusion ne signifie rien puissent néanmoins en comprendre le sens profond.

2) Travaillez-vous en free-lance ou travaillez vous uniquement pour une maison d’édition ?

Je suis free-lance, mais ne travaille en ce moment qu’avec Milady. Je suis chargée de deux séries, Mercy Thompson et Riley Jenson de Keri Arthur, et ai déjà dû renoncer au spin off de Mercy, Alpha et Omega, car cela créait un conflit question planning. Autant dire que j’ai assez peu de marge pour travailler avec une autre maison d’édition !

3) Comment procédez-vous lorsque vous travaillez sur un roman ? Est-ce que vous traduisez au fur et à mesure de votre lecture ou lisez-vous le livre d’un seul trait puis vous commencez votre travail d’écriture ?

Je commence toujours par le lire d’une traite. Il me serait extrêmement difficile de traduire un livre tout en le découvrant.

Je m’adapterais néanmoins à la situation si c’était nécessaire, par exemple dans le cas d’une traduction quasiment simultanée à l’écriture du roman – ce qui se produit avec certaines séries à succès où les sorties françaises sont très proches des sorties dans la langue d’origine – mais j’aime avoir toute l’histoire en tête quand je m’attelle à l’écriture.

croix d ossements4) Pour Mercy Thompson de Patricia BRIGGS, avez-vous lus tous les livres sortis aux Etats-Unis ou les lisez-vous juste avant de les traduire ?

Je suis actuellement en train de lire le dernier tome paru fin mars, Silver Borne, que je commencerai à traduire dans la foulée.

Pour les précédents, j’ai eu un tel coup de cœur pour cette héroïne si attachante que je dois l’avouer : je n’ai parfois pas eu la patience d’attendre qu’on me fasse parvenir le livre et me le suis acheté, parce que je voulais savoir la suite en tant que lectrice. Quand je pense que le prochain ne sortira pas avant mars 2011, je sens déjà les griffes du manque m’étreindre le cœur !

5) Y a-t-il des textes ou des sujets que vous refusez de traduire ?

Non. J’ai eu un peu de mal avec La Cave, de Richard Laymon, un livre extrêmement éprouvant, avec moult scènes de pédophilie, de viol, de violence, j’en suis sortie assez secouée (la fin étant particulièrement traumatisante).

Et effectivement, je n’ai pas vraiment réclamé à grands cris de traduire la suite. Mais je l’aurais néanmoins fait si cela avait été nécessaire.

6) Vous êtes également photographe, correctrice, chroniqueuse, comment arrivez-vous à tout gérer ?

S’il y a bien quelque chose qui me stimule, c’est la variété. Je suis ravie de lâcher un peu ma traduction pour aller interviewer un groupe pour le magazine Noise ou photographier un concert, et vice versa. Je travaille à la maison, et effectivement, j’ai un peu oublié les notions de week-ends, horaires de travail (ce qui m’arrange bien, vu que je travaille mieux la nuit) ou de jours fériés.

Mais d’un autre côté, cela me permet aussi de me faire un «week-end » de vacances en milieu de semaine ! Ces trois métiers ont un point commun : le respect des délais. Et rien ne me rend aussi efficace que l’approche d’une deadline ! Je travaille donc de manière très irrégulière, alternant phases d’incubation de mon travail et phases de productivité, mais c’est ce qui me convient le mieux.

7) Pouvez-vous nous présenter une journée type ?

Ah ! Eh bien comme vous l’aurez peut-être compris de par ma réponse précédente, je n’ai absolument pas de journée type.

Un jour, je vais me mettre à ma trad vers 11 heures – je ne suis VRAIMENT pas matinale ! – et ne pas lever la tête du guidon avant 20 heures, le lendemain, je vais rester totalement inactive pendant une partie de la journée, aller photographier un concert le soir, et traiter mes photos dans la nuit, le surlendemain, aller faire une interview dans l’après-midi, puis me mettre à la traduction vers 1 heure du matin et me coucher quand le soleil se lève…

Bref, je profite honteusement de mon absence de contraintes horaires pour travailler quand j’en ai envie. Et je me rends compte que je travaille beaucoup plus et mieux que quand je travaillais en entreprise, avec des horaires stricts et une exigence de présence…

8 ) Quel est votre parcours professionnel  ?

A la base, donc, j’ai une formation de journaliste (Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence, puis Centre de Formation des Journalistes de Paris). Je suis bilingue un peu par accident, ayant fréquenté des anglophones dans mon enfance, puis m’étant retrouvée par hasard dans un lycée international.

La traduction était quelque chose qui m’avait toujours tentée, mais que je pensais inaccessible du fait de mon absence de formation en la matière, mais dans tous mes postes, je me retrouvais à faire de la traduction en plus du travail rédactionnel. Le hasard d’une rencontre a fait que j’ai proposé ma candidature à Milady il y a deux ans et que le test qu’on m’a fait passer était concluant. Et voilà !

9) Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait exercer votre profession ?

Je conseillerais de ne pas faire comme moi et de faire des études de traduction ! Mais surtout, de ne pas se limiter au côté linguistique de l’exercice : l’aspect culturel est crucial et il me semble souvent que c’est ce qui manque aux étudiants en traduction.

Alors, que cela soit en lisant des livres en V.O et en s’exerçant à les traduire, en séjournant régulièrement dans le pays concerné, en fréquentant des gens qui parlent le langage… souvenez-vous toujours que la langue n’est qu’un aspect de la traduction !

10) Quels sont vos livres cultes ?

Dans des styles très différents, Belle du Seigneur d’Albert Cohen : une écriture magnifique, un souffle épique, et une énorme dose d’humour dans un récit pourtant désespérant.

La série Discworld de Terry Pratchett est aussi une de mes grandes références… et, bien que j’aie d’abord lu la série en anglais, je tiens à rendre hommage au travail de Patrick Couton qui a réussi l’impossible pour la traduction en français : que cela soit aussi hilarant que l’original !

Merci  Lorène LENOIR  de nous avoir consacré du temps et permis d’en savoir plus sur votre profession. Egalement un immense merci pour nous faire partager les aventures de Mercy Thompson grâce à vos traductions.

Crédit photo  : © Sandrine Correia – Publiée avec l’aimable autorisation de Lorène LENOIR (portrait noir et blanc)

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leïla ou la fin d’ un rêve de libraire

Auteur : Sofy le 28 avril 2010 2 Commentaires

Le__la.jpg1) Leïla, que représentait ton métier de libraire ?

En fait, être libraire ce n’était pas vraiment prévu au programme … Lorsque j’ai du arrêté mes études pour des raisons financières, il a fallu que je trouve un emploi très rapidement. Sur les conseils de mon compagnon, j’ai postulé dans diverses librairies. Etant un vraie rat de bibliothèque depuis toute petite, c’est vrai que c’était logique ! Et puis, finalement, ce qui au départ n’était qu’un petit boulot alimentaire est devenu une passion. Pas seulement le fait de conseiller des livres mais aussi tout ce que le client ne voit pas. La manière dont cela fonctionne en amont. Sans exagérer, je peux vous dire que lorsque on recevait les « offices»  (nouveautés) de la semaine, à chaque fois c’était un peu Noël. Tel livre avait l’air chouette ou passionnant, tel autre serait assurément un bide … Par ailleurs, je fais partie de la catégorie « j’aime ranger» , donc, le rangement des livres, l’organisation des tables, reclasser encore et toujours les livres ont toujours été des vraies sources de satisfaction pour moi.

2) Peux-tu nous présenter ta librairie ?

En fait, malheureusement, je n’ai jamais pu travailler dans des « librairies indépendantes» . J’ai donc été conseillère de vente puis vendeuse et pour finir vendeuse polyvalente dans 3 grands groupes de vente de produits culturels. 3 désignations pour un même objectif : vendre des livres. Même si les réalités et l’organisation étaient différentes dans ces 3 commerces, elles m’ont toutes apporté quelque chose. Dans la première (gilet jaune), il y avait beaucoup de contact avec les clients mais une vraie déconnexion par rapport au monde de l’édition et une pression des objectifs permanente. Ensuite, j’ai enfilé un gilet bleu et ai découvert (brièvement) le public des centres commerciaux. C’était épuisant, plein de dysfonctionnements mais passionnant. Enfin, chez les gilets rouges, j’ai vraiment pu m’affirmer et apprendre des tonnes de choses sur mon métier. Le rythme était très différent de ce que j’avais pu connaître puisque nous étions situé dans une grande gare mais il y a eu quelques petits moments de grâce. Mais le point commun à toutes mes expériences est que j’ai toujours travaillé en équipe de maximum 8 personnes et c’est quelque chose de très appréciable.

3) Etais-tu spécialisée dans un domaine particulier ?

Lors de ma deuxième expérience, j’étais spécialisée en littérature jeunesse / BD / manga mais j’ai surtout fait de la jeunesse et du manga et peu de BD. Dans mes autres expériences, je n’ai jamais eu de spécialisation officielle mais plus officieuse. Dans mon dernier poste, j’étais mademoiselle littérature jeunesse. Je m’occupais aussi beaucoup du (petit) rayon sciences humaines que nous possédions et bien souvent également du rayon mal aimé, autrement dit vie pratique.

4) Peux-tu nous présenter une journée type ?

Evidemment, en librairie, toutes les journées ne se ressemblent pas et dépendent des réalités du terrain. Par exemple, le fait que l’entreprise emploie des gens pour s’occuper de la réception de la marchandise change beaucoup les choses. Néanmoins, je vais essayer de te répondre en prenant comme exemple un mercredi à peu près classique. Normalement, le mercredi, c’est le jour des office du groupe Hachette, donc beaucoup de références. Si tout va bien, tu as reçu ta ou tes palettes de colis la veille et tu as tout réceptionné informatiquement puis rangé dans des bacs par thème/rayon. Le mercredi, en arrivant, le premier objectif, c’est la mise en rayon de tout ça. Trouver de la place, retrier, ranger par ordre alphabétique lorsqu’il s’agit de petites quantités …. Ensuite, il s’agit de s’occuper des clients, de les encaisser (si l’on est « polyvalent» ), de les conseiller, de faire des papiers cadeaux en période de fête. Bref de faire vivre le magasin, tout en n’oubliant pas de régulièrement ranger car les clients sont loin d’être tous précautionneux ! L’après midi, bien souvent, tu mets en rayon ton réassort et tu continue à t’occuper des clients en même temps. De toute façon, ce sont toujours eux qui passent en priorité.

5) Quel est ton parcours professionnel ?

J’ai passé et obtenu un bac littéraire. Ensuite, je suis allée en fac de sociologie. Tout le monde me conseillait de faire lettres mais j’avais peur qu’à force de décortiquer les livres, cela en diminue la magie. Avec le recul, j’ai peut-être fait une erreur (en tout cas du point de vue insertion professionnelle). Après mon DEUG de sociologie, j’ai continué dans une filière passionnante : l’anthropologie . Mais comme je l’ai expliqué au début, j’ai du tout arrêté à 2 mois des partiels de fin de licence pour travailler. Très râlant je l’avoue !

6) Comment tout a basculé pour toi du jour au lendemain ?

En fait mes ennuis de santé ne se sont pas déclenchés d’un seul coup. J’ai commencé par avoir un peu mal au dos, des petits lumbagos, des torticolis … Rien de grave malgré tout. Et puis, un jour, après avoir du soulever une énième caisse de livres qui était en hauteur, j’ai ressenti une grande douleur au niveau des cervicales. J’ai souffert en silence un petit moment et puis finalement, j’ai téléphoné à ma responsable pour lui demander l’autorisation de quitter mon poste et d’aller chez le médecin. Diagnostic : entorse aux cervicales. Après quinze jours de repos complet, je ne pouvais toujours pas bouger mon cou et pire encore, mon bras droit ne m’obéissait plus. Il était comme lesté par du plomb et je ne pouvais absolument plus le lever. Après toute une batterie d’examen très agréables, le diagnostic définitif est tombé : l’entorse caché une hernie discale au niveau des cervicales. Même les infiltrations et les anti inflammatoires ne me soulageait pas. Au bout de 2 mois 1/2, j’ai quand même décidé de reprendre le travail en accord avec les médecins. Et là le coup de semonce lors de mon entretien à la médecine du travail : inaptitude médicale. Au bout de quinze jours, le licenciement a suivi … puis la déprime, le questionnement sur son avenir. Finalement la vie continue, il faut juste faire le deuil de ses projets et passer à autre chose, mais je l’avoue les petites baisses de moral ne sont pas rares !Mais bon, mon cou me laisse tranquille maintenant …

oeil_du_loup.jpg7) Quelle profession aimerais-tu et pourrais-tu excercer maintenant ?

Je suis assez ouverte professionnellement. Il est vrai que je souhaiterai travailler dans le secteur culturel mais ensuite j’ai conscience de ma jeunesse professionnelle. En ce moment je cherche à faire une formation d’assistante de direction et j’aimerais me spécialiser ensuite dans l’édition ou l’organisation d’évènements culturels. Je suis également chroniqueuse pour un site spécialisée dans la littérature jeunesse et si cela pouvait déboucher sur un travail rémunéré, je serais ravie !

8 ) Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait exercer le métier de libraire ?

Je crois qu’aimer lire ne suffit pas pour exercer le métier de libraire. Même si mon expérience en librairie n’ a duré que quelques années, il est des choses que j’ai vite intégré. Tout d’abord, il faut avoir une vraie fibre commerciale, beaucoup de patience, de rigueur et d’organisation. Ensuite, il faut être curieux selon moi et s’intéresser vraiment au produit que l’on vend. Le livre n’est pas un objet comme un autre, il possède une vraie âme. Enfin, il faut savoir que travailler en librairie signifie également pénibilité. Toute la journée debout, de la petite manutention en permanence, et régulièrement des bacs de livres à porter … Tout cela est parfois physiquement difficile à supporter.

9) Quels sont tes livres cultes ?

J’ai des dizaines de livres cultes ! Plus sérieusement, mon vrai livre culte est un livre pour enfants. Il s’agit de L’oeil du loup de Daniel Pennac. J’ai l’habitude de dire que Pennac m’a fait découvrir la littérature avec un grand L. Je le lis une fois par an depuis l’âge de 10 ans. Faites le calcul ! J’ai une véritable passion également pour la littérature classique anglaise mais si je ne en retenir que 3, ce serait la Foire aux vanités, Orgueil et préjugés et La femme en blanc. Mais j’aime tellement de livres et d’auteurs : Jean teulé, Joyce Carol Oates, Agatha Christie, Minette Walters, Fabrice Colin, Maupassant, Stephen King, Thomas Hardy, Clavel, Ellroy,PD James… et j’en oublie des tonnes ! mais il est également un roman que j’aime passionnément, c’est Manon Lescaut de l’Abbé Prevost, je sais ça fait un peu regard mais je l’aime ce livre voilà tout. Ma curiosité intellectuelle n’a pas de limites et j’adore qu’on me raconte des histoires.

10) Tu as ton propre site et tu chroniques également sur un second site : peux-tu nous les présenter ?

Je suis chroniqueuse pour le site Les Histoires Sans Fin ainsi que chargée de la section manga. Ce site est spécialisé dans la littérature jeunesse et est une vraie référence du genre pour moi. J’y fais régulièrement des critiques de romans mais aussi d’album et j’ai crée une section manga donc je gère à la fois les contacts avec les éditeurs, le démarchage et évidemment, je fais les critiques des mangas que l’on m’envoie. J’ai également un blog personnel qui s’appelle Idées de Lecture. Mon objectif est de faire partagé mes lectures à ce que j’appelle les non spécialistes. Je suis ravie d’avoir des connaisseurs à la fois du web et de la littérature dans mes lecteurs, mais j’aimerais toucher surtout les lecteurs occasionnels, ce qui hésitent à demander des conseils en librairie mais qui ont une vraie gourmandise par rapport à la lecture.


Il y a une alchimie qui parfois apparait au fil des échanges sur le net. J’ai eu le plaisir de faire la connaissance de Leïla lors d’un échange sur le métier de libraire et le courant est bien passé. Et j’ai eu la joie de vraiment la rencontrer au moment du salon du livre de Paris. Merci à Leïla de nous avoir consacré du temps pour faire découvrir son histoire ainsi que tous les aspects du métier de libraire (les bons côtés… mais également les risques).

Leïla cherche un emploi à domicile avec déplacements ponctuels ou un emploi dans la région toulousaine.

Si un employeur est intéressé par le profil de Leïla qu’il n’hésite pas à nous contacter, nous ferions suivre le message à l’intéressée.

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Ingrid DESJOURS : Potens – collection Nuit Blanche – Interview

Auteur : Sofy le 22 mars 2010 5 Commentaires

potens_1.jpgLe paysage du roman policier français s’enrichit d’une nouvelle collection d’auteurs de thrillers NUIT BLANCHE aux éditions Plon. En juin 2010, nous aurons le grand plaisir d’y retrouver Ingrid DESJOURS, coup de coeur de l’équipe de zonelivre et de nombreux lecteurs. En attendant de pouvoir se plonger dans son nouveau roman POTENS, immergeons-nous quelques instants dans son univers.

  • 1) Garance Hermosa, qui est sexo-criminologue dans Echo, est un personnage assez troublant, allons nous la retrouver dans vos prochains romans ?

Effectivement, Garance et Patrik reprennent du service dans « Potens », mon prochain roman. Mais les deux personnages ont beaucoup évolué et un événement inattendu renvoie Garance à un passé qu’elle aurait préféré oublier et qui la plonge dans la spirale de l’autodestruction.

  • 2) En quoi votre second roman diffère-t-il du premier ?

Il y a quelques scènes très intenses, qu’on vit en temps réel ! « Potens » est aussi beaucoup plus sombre que Echo. Les personnages sont nombreux et très fouillés : il y a une forme de désespoir chez certains d’entre eux, dont Garance. Elle paraît plus humaine, plus fragile, on comprend ce qui l’a rendue si dure et pourquoi elle est devenue psy.

  • 3)  Vous êtes allée en Laponie en prévision de la rédaction de votre troisième roman. Comment avez-vous procédé sur place : prises de notes, dictaphone … ?

J’ai pris quelques notes mais mon rapport à l’écriture est surtout sensuel et instinctif. Je me suis donc fait péter les rétines en embrassant ces paysages incroyables et en les capturant avec mon appareil photo, je me suis aussi imprégnée des ambiances et des sensations : le froid, les odeurs, les réactions de mon corps. Toutes ces choses m’ont habitée et ont laissé une empreinte qui viendra influencer mon écriture au moment où je lâcherai les rênes.

  • 4) Ingrid, n’est-il pas compliqué de se lancer dans l’écriture d’un troisième roman alors que le second n’est pas encore publié et que vous n’avez pas encore les commentaires de vos lecteurs ?

Au contraire, ça m’aide à prendre du recul et à me défendre contre une situation anxiogène : à savoir l’accueil de Potens par les lecteurs ! En outre, écrire est une véritable drogue pour moi, un exutoire, un moment de bonheur intense : je ne peux plus concevoir ma vie sans ça, il me faut ma dose !

  • 5) Vous avez une formation et vous avez exercé en tant que sexo-criminologue , qu’est-ce qui vous a poussé à stopper cette profession ?

Un trop plein. L’envie de ne plus ramener certaines images chez moi, après le boulot. La peur que ça m’abîme, aussi. Mais si j’ai cessé de pratiquer, je n’en reste pas moins psy, avec quelques automatismes dans ma vie de tous les jours, et un « certain regard » que je porte sur les choses qui nous animent…

  • ingrid_Desjours___Jean_Luc_Luyssen_Gamma_Eyedea.jpg6) Comment ne pas sombrer quand on étudie les aspects les plus sombres de l’être humain ?

En débriefant avec ses collègues et en continuant à vivre, s’amuser, sortir, rire. C’est un combat qu’on mène à la fois contre soi et contre les autres. En effet, quand des gens que vous rencontrez, au détour d’une soirée, découvrent votre métier, ils ne peuvent s’empêcher de vous « brancher » sur le sujet. Ça fascine, ça fait peur… ils ont envie de savoir, besoin de comprendre. Pas évident de leur refuser des explications. Mais on apprend vite à digresser. Et à dire stop.

  • 7) Quels sont les livres et les films qui vous ont marquée récemment ?

Comme beaucoup de personnes, j’ai été littéralement scotchée par « Avatar », sa créativité, ses prouesses technologiques. Je me suis retrouvée propulsée sur une planète tellement magique que je ne souhaitais pas revenir sur la mienne ! J’ai aussi découvert « Into the wild » en DVD : un film qui pose la question de notre relative liberté, de sa quête et du prix à payer pour y accéder…

Le dernier livre que j’ai lu, et aimé : – « Ecriture, mémoire d’un métier », la biographie de Stephen King : ce type a un talent fou et la générosité de nous faire partager ses réflexions. Il dit aussi des choses très justes et émouvantes sur le métier d’écrivain, sur la solitude et le plaisir, sur la capacité aussi à se souvenir de chacune de ses cicatrices pour les donner en pâture à ses lecteurs… bref, Stephen King est aussi un vendeur hors paire : il m’a donné envie de relire ses œuvres !

  • 8 ) Quel message voudriez-vous adresser à vos lecteurs et à ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

Ne croyez pas Sofy : je ne suis pas aussi « tordue » qu’elle le prétend !

Merci  Ingrid DESJOURS  de nous avoir consacré du temps et permis d’en savoir plus sur vos écrits ainsi que sur votre univers

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Elena SENDER : Intrusion – Interview

Auteur : Sofy le 1 mars 2010 Ajouter un Commentaire

interviewA l’occasion de la sortie d’Intrusion, le roman d’Elena SENDER, zonelivre.fr et les éditions XO vous proposent d’en savoir plus sur l’auteur et sur son oeuvre :

Vous signez ici votre premier roman, un thriller psychologique dont le thème central est la mémoire, et plus précisément ses défaillances. Comment vous est venue cette idée ?

L’idée du roman est née lors d’un reportage sur le tourisme médical en Thaïlande, où sont pratiquées des opérations chirurgicales interdites ailleurs. C’est là-bas que se déroule la deuxième moitié de l’histoire. À Bangkok, des images très fortes et angoissantes me sont venues. Je voyais des expériences futuristes pour effacer la mémoire chez l’homme, comme cela se pratique déjà chez les souris, notamment aux États-Unis. Les chercheurs savent, en effet, désormais effacer leurs mauvais souvenirs de manière sélective. Une histoire a pris corps, celle d’un petit garçon, témoin d’un acte tragique, qui, devenu un homme subit ce genre d’intervention, avec toutes les questions morales qui en découlent. Si on gomme les mauvais souvenirs, la culpabilité, on efface les fautes. Peut-on admettre que la médecine offre cette sorte d’absolution chimique ? Et pour quelle humanité ?

elena sender (photo : bruno levy)Comment avez vous procédé, combien de temps avez-vous mis ?

Je n’ai appliqué aucune « technique » de roman particulière – je n’en connais pas – mais comme j’ai dévoré pas mal de thrillers et de polars dans ma vie, la structure s’est petit à petit imposée d’elle-même. Comme si, finalement, je m’étais imprégnée inconsciemment de toutes mes lectures. J’ai écrit, pendant dix mois, quand je le pouvais, pendant mon temps libre, c’est à dire mes trajets en métro, mes mercredis après-midi, la préparation du dîner, des heures volées le soir, très tôt le matin…

Pourquoi avoir choisi comme personnages principaux un médecin et son patient ?

La relation médecin-malade est très particulière, avec ses codes à part. Le patient est souvent étrangement docile, comme s’il perdait soudain toute objectivité, toute emprise sur lui-même, il s’en remet à quelqu’un d’autre. En face, le médecin, sûr de lui, voire autoritaire, a un pouvoir énorme, car il détient la connaissance. Cyrille Blake, mon héroïne, est ainsi au départ, très sûre de son fait. Elle cherche, par différents moyens, chimiques ou psychothérapeutiques à soigner des patients malheureux. Mais peu à peu, elle va dégringoler, perdre ses certitudes et douter de sa propre santé mentale. Julien, le patient, très déprimé au début va, lui, perdre sa fragilité pour montrer un visage manipulateur et inquiétant. Au fil de leur relation, le pouvoir va s’inverser.

La molécule au cœur du livre, le Mésératrol, existe réellement. Quelle est la part de réalité et de fiction dans son utilisation actuelle ?

Elle existe, mais sous un autre nom. C’est une molécule qui, administrée immédiatement après des chocs psychologiques (accidents, agressions, attentats…), permet au cerveau de ne pas associer la peur et la douleur psychologique au souvenir. Elle « calme » l’amygdale cérébrale, notre cerveau primitif qui s’active en cas de peur. Et ça marche ! À l’étude dans différents services d’urgence, elle donne d’excellents résultats : les patients traités surmontent mieux l’épreuve, font moins de cauchemars, ont moins d’angoisses, etc. C’est formidable. Pourtant, une réflexion d’un chef de service des urgences de Lille m’a marquée. Il m’a dit qu’il ne doutait pas que dans une dizaine d’années, lorsque cette molécule serait à la disposition des médecins de ville, les patients la réclameraient pour un oui ou pour un non et en abuseraient. Comme pour les anti-dépresseurs, beaucoup seraient donnés un peu à la va-vite. « Docteur je l’aimais tellement, donnez-moi quelque chose pour ne plus souffrir. » Et hop !, vous voilà avec une pilule qui calme le chagrin mais émousse en même temps émotions et sentiments…

Vous êtes vous-même journaliste scientifique. Quel est votre parcours et quels sont vos domaines de prédilection ?

J’ai grandi à Paris mais la mer est une de mes passions, la Méditerranée surtout. Alors, après des études de biologie marine, achevées à la faculté de Marseille, et un diplôme de plongée, j’ai passé beaucoup de temps sous et sur l’eau, au large de la cité phocéenne, et plusieurs mois en mer Rouge aussi. Mais malgré mon amour de la mer, je restais insatisfaite de ne pouvoir assouvir mon autre passion, l’écriture, qui me taraude depuis que je sais tenir un stylo. Mon premier roman date de mes onze ans, un récit de science-fiction…

Allier la science et l’écriture c’était possible, en décrochant un diplôme de journaliste scientifique. J’ai donc passé le concours de l’École de Journalisme de Lille qui m’a fait traverser la France dans l’autre sens, pour m’installer dans le Nord. Changement radical d’univers et apprentissage d’un métier. De retour dans la capitale, j’ai été recrutée par « Sciences et Avenir », ma maison depuis plus de douze ans maintenant. J’ai traité des sujets dans différents domaines, la technologie, la biologie, la santé, l’environnement… Depuis quatre ans, je m’intéresse tout particulièrement aux mystères du cerveau.

intrusion.jpgDans votre livre, vous soulevez les enjeux éthiques des recherches sur la mémoire : peut-on trouver le bonheur en supprimant nos souvenirs gênants ?

Posons-nous la question. Nous avons tous des évènements de notre vie que nous préférerions oublier, parce qu’ils sont douloureux, honteux, culpabilisants… Pour autant, serions-nous vraiment plus heureux si on les effaçait pour de bon ? C’est la question que va devoir explorer  Cyrille. Je n’ai pas de réponse toute faite, chacun la sienne. Pour ma part, je pense que nous nous sommes façonnés à coups de malheurs, de chagrins, de regrets… Si on ôte cette composante malheureuse qui rend unique notre histoire personnelle, que reste-t-il ? Des êtres nageant dans un optimisme béat, sans épaisseur, sans noirceur ?… Ce serait ennuyeux à la longue, non ?

Et puis, notre cerveau a d’extraordinaires capacités naturelles, faisons-lui confiance. Il sait remodeler ses connexions afin de s’adapter à chaque situation nouvelle. En cas de coup dur, le cerveau sait se reconfigurer pour s’en sortir, il est programmé pour, même si ça prend du temps et peut demander de l’aide. C’est ça, la résilience.

Pourquoi avoir choisi le thriller pour en parler et non l’essai, par exemple ?

Quand je lis un roman, j’adore avoir peur, m’inquiéter pour les personnages, prier pour qu’ils s’en sortent, etc. Cela me met dans un état de nervosité, d’excitation et génère de telles émotions que j’ai eu envie de vivre cela de l’intérieur. La science n’est, ici, qu’un prétexte pour raconter la descente aux enfers d’une femme à la recherche d’elle-même.

Vous venez également de terminer un documentaire sur les coulisses du sommet de Copenhague, diffusé le 11 janvier dernier en prime time sur Canal Plus. Pouvez-vous nous en dire plus ?

C’est l’autre grande aventure de cette année. L’équipe du film et moi avons suivi pendant 8 mois des négociateurs de plusieurs pays jusqu’au sommet de Copenhague qui devait déboucher sur un accord international pour lutter contre le changement climatique. Grâce à nos contacts, patiemment tissés, nous avons obtenu le droit de filmer le sommet de l’intérieur, de nous glisser là où aucune caméra n’était admise, dans les coulisses, lors de rencontres secrètes entre diplomates, dans le bureau du président de la négociation, des ministres… Dans le genre thriller, on peut difficilement trouver mieux. Tous les personnages d’une pièce dramatique étaient réunis, les intrigues, les coups bas, les larmes… ça donne des idées.

Un premier roman, c’est aussi une aventure éditoriale. Vous êtes-vous facilement décidée à envoyer votre manuscrit ?

Comme tout journaliste, j’ai l’habitude d’être lue et critiquée chaque mois, par les lecteurs de notre magazine. On pourrait donc se dire qu’envoyer un manuscrit c’est facile… eh bien non.  Parce qu’un roman parle de soi et que le jugement d’autrui, de ce fait, est pris – à tort ou à raison – de manière plus personnelle. Après beaucoup d’hésitations j’ai fini par l’expédier à cinq éditeurs dont j’avais repéré les centres d’intérêts en librairie. J’ai attendu, dans l’angoisse. Quand quelques mois après, j’ai reçu un e-mail de XO me proposant un rendez-vous, j’ai eu l’impression d’avoir été reçue à un examen très important. Quand j’ai su, par la suite, que mon livre allait être édité, j’ai éprouvé un sentiment d’accomplissement jamais ressenti auparavant. Une vague qui me porte encore d’ailleurs.

Pensez-vous déjà à un prochain roman ?

Je me sens seule depuis que j’ai quitté Cyrille, Julien et les autres personnages. Un vrai baby blues. Alors je commence à en créer d’autres, à les imaginer vivre. Une nouvelle histoire est petit à petit en train de prendre corps. Des lieux m’ont fortement inspirée, des gens aussi. Je suis en pleine maturation. Mais comme j’ai une difficulté maladive à faire lire quelque chose qui n’est pas fini, en parler alors que l’idée n’est qu’en germe… impossible.

(Source de l’interview : Editions XO)

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Ingrid DESJOURS : Echo – Interview

Auteur : Sofy le 28 octobre 2009 3 Commentaires

LA révélation du thriller 2009 : Ingrid DESJOURS. Son premier roman a été un choc : Echo. Certains passages résonnent encore dans un coin de mon esprit après plusieurs mois de lecture. Un texte marquant, inoubliable. Cette jeune femme a charmée toute l’équipe de Zonelivre par son talent et par sa personnalité. Pour ceux qui n’auront pas la chance de la rencontrer, voici une interview pour la découvrir. Il va paraitre au mois de juin 2010 aux éditions Pocket. En même temps, nous pourrons retrouver sa sexo-criminologue Garance Hermosa dans Potens qui paraitra aux éditions Plon dans la collection Nuit Blanche.

echo.gif1) Echo est votre premier roman. Pouvez-vous nous faire partager votre parcours jusqu’à la publication ? Facile ou parcours du combattant ?

La publication d’Echo est l’aboutissement d’une belle rencontre. Rencontre entre l’idée d’un roman, l’envie de l’écrire pour partager quelques unes de mes connaissances et beaucoup de mon ressenti, un éditeur formidable qui a su me lire et m’encourager. Pour moi, il s’agit plutôt d’un conte de fées, alors que je n’y croyais pas, ne me sentais pas à ma place dans le microcosme littéraire que j’idéalisais au point de tenter de m’enfuir, un soir, d’un salon du livre où je me sentais à la place de l’imposteur.


2) Quelle est la genèse de Echo ?

Echo est un carrefour. Un point de convergence où sont entrés en collision l’histoire d’un enfant dont j’ai suivi le parcours il y a quelques années, le mythe de Narcisse et Echo que j’affectionne particulièrement, et des personnages qui se sont imposés à moi et m’ont harcelée jusqu’à ce que je leur permette de s’exprimer.


3) Echo se distingue par des personnages très forts. Ces portraits sont-ils inspirés par des personnages réels ?

Certains plus que d’autres. Je m’inspire de personnes que je croise, qui m’entourent ou qui me fuient, et me nourris comme un vampire de leur visage, de leurs failles, de leur essence… pour les réinjecter, les recracher dans mes personnages après les avoir un peu digérés. Je donne aussi beaucoup de moi-même, bien sûr…


4) Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel et ce qu’il vous a apporté pour ce roman ?

J’ai travaillé plusieurs années en Belgique, en qualité de psychocriminologue. J’ai côtoyé des criminels et des délinquants sexuels. C’est à la fois, passionnant et drainant, parce que la responsabilité est lourde. Eprouvant psychologiquement, aussi. Ecrire est une sorte de catharsis.


ingrid_Desjours___Jean_Luc_Luyssen_Gamma_Eyedea.jpg5) Certains auteurs de thrillers ont le sentiment de devenir plus sombres, plus distants avec leurs proches ? Dans quel état d’esprit êtes-vous lorsque vous écrivez ?

Lorsque j’écris, je suis en transe ! Dans un état cotonneux d’où la réalité me parvient feutrée et où j’évolue comme dans un rêve. Je deviens chacun de mes personnages tour à tour : je suis l’assassin, je suis l’enquêtrice, je suis la marionnettiste et les poupées. En phase d’écriture, j’absorbe tout et tout le monde (quand je parviens à ne pas me désocialiser, ce qui est très difficile, tant écrire me drogue) mais ça passe effectivement par un filtre sombre et glacial. Mes amis me trouvent alors lointaine, distante, insensible parfois. Mais je suis juste dans un état second. J’adorerais d’ailleurs passer un électro-encéphalogramme, dans ces moments-là, juste pour voir si mes ondes cérébrales sont différentes.


6) Comment trouvez-vous l’inspiration ?

Eh bien justement, elle me vient souvent quand mon état de conscience est un peu altéré : en rêve, parfois, quand je nage, souvent, ou même et surtout lorsque j’assiste à un concert qui me plait. C’est dans le lâcher prise que je me laisse approcher par des idées, des concepts, des ressentis qui seront le terreau des histoires que je raconte. Et puis il y a les rencontres. Observer, écouter les gens, les laisser parler de ce qui les anime, essayer de les comprendre, pousser la réflexion avec eux… tout ça m’enrichit. Je ne supporte pas de tourner en circuit fermé : l’autophagie a ses limites et je trouve ça ennuyeux, appauvrissant, quand la confrontation aux autres révèle tant de choses et fait si bien avancer !


7) Avez-vous une date de sortie en format poche d’Echo ?

Oui ! Je suis vraiment très heureuse que Pocket m’ait aussi fait confiance. Le petit Echo devrait sortir en juin prochain.


8 ) Pouvons-nous avoir quelques infos sur vos prochains romans ? Quand aurons-nous la joie de nous replonger dans votre univers ?

Eh bien, comme un bonheur n’arrive jamais seul, mon deuxième roman sortira en juin 2010, lui aussi. J’ai hâte de vous présenter cette nouvelle enquête qui, je l’espère, vous réserve quelques rebondissements inattendus dans un univers méconnu, puisque l’intrigue se passe dans un club pour surdoués. Nous allons retrouver Garance et Patrik, mais les deux ont beaucoup évolué… on en apprendra aussi un peu plus sur le passé de la jeune profiler, sur ses failles et les raisons qui lui font porter un masque.


9) Quels sont vos coups de cœur littéraires et musicaux ?

J’aime beaucoup la littérature fantastique et ne me lasse pas de relire René Barjavel ou Anne Rice. J’apprécie aussi énormément les contes et légendes de France et d’ailleurs, qui me font rêver, ainsi que la mythologie grecque qui demeure une source inépuisable d’inspiration. Mes goûts musicaux sont très variés, mais j’ai des périodes quasi obsessionnelles ou je n’écoute qu’un chanteur. En ce moment, c’est Christophe Miossec, dont les textes me bouleversent et résonnent très fort en moi.

Un immense merci à Ingrid DESJOURS pour nous avoir permi d’en savoir un peu plus sur son univers.

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HUSSON Paul-François : interview de l’auteur de Peur aveugle – son roman, ses projets

Auteur : Sofy le 24 juin 2009 1 Commentaire

husson.jpgIl y a des rencontres qui ne se font que par la toile et à travers les livres, l’équipe de zonelivre a ainsi fait la découverte de Paul-François HUSSON et de ses écrits. Nous avons eu envie de faire plus ample connaissance avec lui et de vous faire partager ce moment.

1) Quelle est la génèse de Peur Aveugle ?

Genèse est un mot fort et pourtant assez approprié à cette « histoire»  de renaissance. Une renaissance qui fut la mienne le jour de ma naissance. Sans rentrer dans les détails, il m’a fallu une trentaine d’années pour découvrir, et comprendre, pourquoi je réécrivais sans cesse cette histoire, sous des formes de récits différents, mais bel et bien immuable : accepter de renaître, accepter d’aller vers la lumière, accepter la vie.

2) Sans vouloir entrer dans votre vie privé, le thème de la cécité est traité avec beaucoup de pudeur. Vous êtez-vous entrenu avec des non-voyants pour écrire ce roman ?

La cécité du jeune héros est une évidente métaphore de la prise de conscience dont je parlais à l’instant. Naturellement je me suis entretenu avec des non-voyants, des médecins, mais par la suite je me suis fié, d’une part à mon expérience de technicien du cinéma, cette faculté de recréer des mondes, des émotions à partir de sons et d’images, d’autre part à ma propre « cécité» . Celle que nous avons tous plus ou moins. Cette faculté que nous avons de ne pas toujours voir ce qui saute aux yeux. L’éternelle histoire de la paille et de la poutre… A cet égard, la couverture de Peur Aveugle est un clin d’oeil. L’expérience prouve déjà que fort peu de lecteurs y voient ce qui se trame dans l’oeil de Mattieu !

peur_aveugle.jpg3) Dans vos romans Crystale et Peur Aveugle, les paysages ont une part très importante. Y-a-t-il des lieux (des pays) qui vous ont marqué ?

Les images et les mots sont indissociables dans mon esprit. Oui, découvrir la Norvège fut le déclencheur de Crystale; Le décor de Peur Aveugle est un puzzle de promenades qui ont impressionnées mon enfance, également des références naturelles à des films qui ont forgé ma fascination pour le cinéma, tels que Duel ou Délivrance.

4) Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?

Ceux qui me tiennent le plus à coeur sont une pièce, une tragédie burlesque inspirée de la mort mystérieuse et précipitée de ma mère; et ce qui serait mon prochain roman, très différent car il n’y rien de plus ennuyeux que la répétition ( les allitérations de la vie :-) . Un roman court et nerveux, une histoire de femmes qui ne se connaissent pas et le temps d’une nuit dans Paris, croisent des hommes qui… en prennent plein la gueule.

5) Quels sont vos coups de coeur littéraires, cinématrographiques et musicaux ?

Je suis un nostalgique et ne me dépare pas du Regain de mon enfance, livre qui ne me quitte pas et ne me quittera jamais.
Les coups de coeurs au cinéma se font plus rares, ce qui n’entame en rien ma passion charnelle pour la salle noire.
La musique m’accompagne tout le temps, en tous lieux. Toutes les musiques en mode aléatoire. Ces jours-ci je réecoute avec un intense plaisir Bashung et l’une de ses chansons a instantanément décenché les premières pages de ce qui serait peut-être, un jour, un livre. Mais ça c’est une autre histoire.

Merci beaucoup à Paul-François HUSSON de nous avoir dévoilé le coeur de son inspiration. Il n’est pas toujours aisé de mettre ce qui nous touche par écrit.

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