Frederic MERCHADOU : Damné pour damné
![]()
Parution aux éditions du Rocher en mai 2008.
Le père Flavier, un prêtre pas comme les autres, a une mission capitale. Son église est une tour de garde d’où il veille sur un terrible secret. Lui-même n’en a pas éclairci le mystère. Mais il le sent. Chaque jour. Chaque nuit. Et quand le sol vibre sous ses pieds, sa raison chancelle. Une raison mise à plus dure épreuve encore, quand la terreur s’invite dans la paisible paroisse, sous la forme d’ignobles méfaits à l’apparence surnaturelle. En ce jeune XIXème siècle, l’arrivée d’un archéologue dans la campagne reculée éveille les soupçons de tous. Le père Flavier surveille l’étranger qui fouille sous les pierres de la clairière des Roches vieilles. Pour le prêtre, la menace est double. C’est d’abord cet intrus à la barbe de feu qui risque de découvrir le secret qu’il protège.
Et c’est aussi la jolie fille à ses côtés, en qui le curé voit une Jézabel pour le garçon difforme qu’il élève comme son fils. Dans un incessant ballet de suspense et d’émotion, Damné pour damné prend le lecteur par la main dès les premiers mots pour ne le lâcher qu’à la dernière ligne. Ses personnages hauts en couleur vivent en direct une aventure intense qui se déguste comme un grand film.
Retrouvez les principaux personnages sur le site http://damne-pour-damne.com/
- Pages : 192
- ISBN : 978 2 268 06554 0
- Prix : 17,90 €
(Source : du rocher)
Popularité : 1% [?]






Zonelivre est un site consacré aux romans policiers et à la littérature fantastique.
Nous y publions des chroniques sur les livres, des infos sur les nouveautés, biographies et bibliographies d auteurs, dates de festivals et dédicaces, coups de coeur des auteurs, interviews.
L équipe de zonelivre vous souhaite une bonne lecture :)

Je l’ai acheté et il m’attend sagement. Je le lirai prochainement.
Le 23 septembre 2009 à 9 h 54 min
Le 25 septembre 2009 à 11 h 26 min
Comment classer ce roman , à une époque où chaque œuvre doit entrer dans un genre et s’y tenir. Avec celui-ci, impossible.
Crimes et mystère : nous sommes peut-être dans un polar ?
Mais angoisse et suspense sont distillés tout au long : un thriller, alors ? Allant crescendo jusqu’à un point dont le déroulement explosif est remarquablement raconté.
Mais l’intrigue est placée dans le XIX siècle scrupuleusement présent, à cette époque de mutation de la société, dans la charnière foi-religion/ raison-scientisme : une plongée dans l’un des éléments les plus fondateurs de notre monde moderne. Donc, un roman historique ?
Avec cependant une forte imprégnation celtique, lieu non précisé, mais très marqué par les menhirs et la lande …
Mais l’intrigue est aussi tirée vers le fantastique, au ton très moderne, et dit de façon si simple que tout est criant de vérité ! Nous sommes emportés dans l’imaginaire foisonnant de F. Merchadou, mais sans délire, tout est comme évident, « normal » .
Le style est précis. Tout va très vite, pas de temps morts et pourtant, tout est dit.
L’auteur nous fait tout partager, de l’aspect de chacun à ses moindres émotions, du temps qu’il fait, du lieu que l’on traverse, sans en avoir l’air.
Il a pour cela construit son récit de façon élaborée, racontant l’histoire au moyen de deux narrateurs, et nous ne savons de l’intrigue que ce que chacun en connaît. Leurs regards, leurs caractères, leurs pensées, leurs émotions finissent par établir la trame complète des évènements. Ces récits croisés n’alourdissent pas , ne compliquent pas, mais donnent au contraire une réelle densité à ce roman plutôt court .
Il raconte au présent et nous entraîne ainsi sans répit dans l’action et dans un passé rendu très palpable .
Le premier narrateur, le père Flavier nous emmène ainsi dans le versant “religieux” de cette histoire ; ferveur de la foi, faiblesses de l’homme, satire acide du monde ecclésiastique . Mais le petit prêtre , contrairement aux plus hauts dignitaires, est aimable, sympathique, un homme bon qui a su sauver Abel le bossu de la cruauté d’une population rurale bien peu évoluée et bien peu imprégnée de charité chrétienne . Mais le diable n’est jamais loin …
Le deuxième narrateur, le professeur Emile Sadowski, archéologue et médecin, est le père de la jeune Adélaïde. Avec eux, le modernisme pointe son nez, difficilement dans cette pemière moitié du XIX siècle. Les deux sont assoiffés de connaissances, repoussent l’obscurantisme. Mais c’est Adélaïde, si jeune, volontaire, pleine d’humour et de vivacité qui nous charme, rebelle et honnête, petit soldat posté en avant-garde de la condition féminine.
Au gré de sa propre culture, le lecteur a envie de trouver des « maîtres », G. Flaubert pour le style et l’exigence du raccourci, G. de Maupassant pour la présence des personnages, V. Hugo pour une ambiance par moments médiévale ( voir le personnage d’Abel), T. Gauthier pour une ambiance romantique, avec des réminiscences très lointaines, ici celtiques , Lovecraft pour le fantastique et le suspens angoissant.
C’est dire la forte impression que peut faire ce roman en réalité inclassable et qui possède LA qualité d’inventer un genre fantastico-réaliste.
Et le mot de la fin est comme l’ensemble du récit : il nous attire et ne nous lâche plus…
Le 9 juin 2010 à 11 h 51 min