Il s’essaie aussi au théâtre, dirige une troupe amateur, met en scène des pièces d’auteurs de vaudeville, jouées lors de fêtes patronales. Il s’investit également dans l’humanitaire, la lutte contre la faim en Afrique et la distraction des vieillards dans les hospices, notamment.
Mais sa famille n’entend aucunement lui laisser vivre une existence bohême, et il se soumet aux volontés paternelles pour un temps. Il fera donc son droit, mais comme les arcanes des contrats et subtilités du code l’ennuient profondément, il se passionne pour la politique. C’est l’époque à laquelle Giscard arrive au pouvoir, un président qui parle aux jeunes, où la confrontation des idées est particulièrement forte dans les facs. De 1974 à 1983, il passera le plus clair de son temps à militer, prendra des responsabilités, fréquentera les cabinets ministériels, se présentera même aux élections, mais le plus souvent restera dans l’ombre, écrivant les discours que d’autres prononceront.
Nouvelle intervention d’un père à l’autorité incontestée mais pesante, et il se range. Direction la finance, puisque c’est là que le voit Papa. Il se passionne cependant très vite pour cette activité, car il y voit une manière de parler vrai à son prochain : gérant de portefeuilles et conseil en gestion de patrimoine, il ne peut s’empêcher d’avoir une activité syndicale et devient secrétaire général de son organisation professionnelle.
En 1988 cependant, il fait une erreur qu’il mettra plus de 20 ans à expier : il accepte de devenir salarié d’une charge d’agents de change, vite avalée par une banque prédatrice. Vingt ans de galère morale, à contempler impuissant la dégradation du conseil impartial, la « formatisation » effrénée du système et le déni organisé de la responsabilité.
Aujourd’hui, il écrit, conscient d’un retard qu’il ne rattrapera pas. Principalement influencé par Balzac, qui a commis, avec « Une ténébreuse affaire » un des premiers romans policiers, et par Simenon dont il admire le cisèlement si parfait des situations, il se consacre à la rédaction d’une série de romans noirs, intitulée « Commissaire Garon ». Un personnage de flic comme il les aime, complexe, écartelé entre plusieurs pulsions contradictoires, à la fois respectueux de l’ordre et profondément anarchiste, un commissaire qu’aurait peut-être apprécié PREVERT, son modèle absolu.
Un parcours original et riche, où La Liberté est le fil conducteur. Bravo commissaire Garon!
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